24 mai 2024

Elections : Les risques des fausses informations et des fuites de données

Elections : Les risques des fausses informations et des fuites de données

Lors des prochaines élections européennes de juin 2024, l’hémicycle européen craint d’être la cible d’opérations de désinformation et de cyberattaques.

Pour les eurodéputés, la Commission européenne et les experts en cybersécurité, cela ne fait guère de doute : les campagnes ainsi que les élections européennes qui auront lieu du jeudi 6 au dimanche 9 juin dans les 27 États membres seront ciblées par des tentatives d’ingérences étrangères, de déstabilisation et de désinformation, surtout en cette période de conflit russo-ukrainienne qui dure depuis deux ans.

Les risques qui pèsent sur les élections peuvent prendre diverses formes et n’épargnent aucun état. Cela peut aller de la manipulation de l’information ou de la désinformation aux cyberattaques qui compromettent les infrastructures.

Quelques exemples d’attaques

CAMBRIDGE ANALYTICA

LE CONTEXTE

En 2014, un sous-traitant de Cambridge Analytica a créé un quiz qui a permis de récolter les informations des personnes ayant participé à ce quiz ainsi que celles de tous leurs amis Facebook, ce qui explique le grand nombre de données récupérées.

Cela a déclenché un scandale impliquant Facebook, car la plateforme a permis cette collecte de données personnelles sans restriction. Facebook est accusé de n’avoir pas pris de mesures pour empêcher cette pratique et de n’avoir pas suffisamment sécurisé les données de ses utilisateurs.

C’est d’autant plus grave pour Facebook qu’à ce moment-là, la plateforme est déjà pointée du doigt par l’Union Européenne et les Etats-Unis pour avoir laissé se propager la propagande russe et ne pas assez lutter contre la désinformation qui circule.

Cette collecte de données a servi à faire des campagnes de publicité ciblées pour influencer les choix politiques des personnes encore indécises.

LES CONSEQUENCES

Depuis ce scandale, la protection des données personnelles des citoyens est devenue une vraie priorité et un enjeu politique de taille. Dans plusieurs pays, les politiciens ont appelé les réseaux sociaux à assurer la protection et à lutter contre la fuite de données.

C’est aussi devenu un souci pour la démocratie. La collecte massive de données est dangereuse puisque ces données peuvent être détournées de leur usage initial. Dans le cadre des élections, elles peuvent être utilisées pour mener des campagnes d’influence ciblée, ce qui peut complètement changer la donne lors des votes.

MACRON LEAKS

L’un des grands objectifs des cybercriminels durant les périodes d’élections est également de rentrer dans l’intimité des campagnes. Le but est d’accéder à des documents “compromettants” et les rendre public, toujours dans le but de décrédibiliser un candidat et son équipe.

LE CONTEXTE

En mai 2017, une fuite de données de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron a eu lieu lorsqu’il était candidat à l’élection présidentielle de 2017. Deux jours avant le vote du second tour, des pirates inconnus ont rendu public plus de 20 000 courriers électroniques de membres de l’équipe de campagne.

Mounir Mahjoubi, ancien président du Conseil national du numérique de la France, a déclaré que les membres de l’équipe ont reçu, pendant des mois avant les élections, plusieurs tentatives de cyberattaque. Elles se manifestaient notamment avec des e-mails de phishing à répétition.

Cette fuite de courriers électroniques et d’informations personnelles a engendré un grand nombre de problèmes au sein de la campagne. Premièrement, les gens ont détourné ou même inventé puis relayé les documents sur les réseaux sociaux afin de rajouter du drame au scandale ou bien de décrédibiliser Emmanuel Macron ainsi que son équipe de campagne. Il y a même des documents qui ont été rajoutés à ceux initiaux par les pirates inconnus afin de les faire passer pour des vrais documents.

En mars 2016, l’équipe de campagne d’Hillary Clinton avait connue la même mésaventure. 30 000 e-mails issus de sa boîte e-mail personnelle avaient été publiés. En tant que secrétaire d’Etat, elle s’est vue reprocher l’utilisation d’un serveur privé pour l’envoi de courriels électroniques professionnels.

LES CONSEQUENCES

Qu’on le veuille ou non, et malgré le fait de débunker les fausses informations, les réseaux sociaux se chargent de propager les rumeurs. Ce genre d’information a beau être démentie et officiellement prouvée comme fausse, elles sont difficilement arrêtables sur des réseaux comme Twitter ou Instagram où les infox circulent bien plus vite que les vraies informations. Le but est de décrédibiliser l’image du candidat, que ce soit en jouant sur le ridicule, la honte ou bien en essayant de le mettre dans la tourmente.

Si vous voulez en savoir plus sur les déclarations de Mounir Mahjoubi au micro de FranceInfo en mai 2017 :

DEEP FAKE EMMANUEL MACRON – FRANCE 24

Aujourd’hui, l’IA est un outil majeur pour toutes les personnes malveillantes qui souhaiteraient créer des fake news. Il est désormais possible de reprendre la voix de n’importe qui afin de détourner ses propos. Les personnes politiques ainsi que les médias les plus connus sont les principales cibles de deep fake, surtout en période d’élections.

LE CONTEXTE

Des images du JT de France 24 du 12 février 2024 ont été reprises puis modifiées. En effet, on y voit le présentateur annoncer qu’Emmanuel Macron a annulé sa visite en Ukraine suite à “une provocation meurtrière à son encontre”, soit une tentative d’assassinat. Les images sont bel et bien vraies mais la voix du présentateur a été modifiée par une Intelligence Artificielle afin de déformer l’information. France 24 s’est empressée de démentir l’information, expliquant qu’il s’agissait d’un deep fake.

LES CONSEQUENCES

Malgré l’intervention de France 24 pour prévenir du deep fake, la vidéo a été partagée pendant plusieurs jours sur tous les réseaux sociaux. Les citoyens se sont sentis en danger, leur propre président de la République étant visé par une tentative d’assassinat. Tout comme les leaks, les deep fake ont pour objectif de détourner l’image d’une personne, ce qui peut être très dangereux en tant d’élections.

En cette période d’élections, les fausses informations polémiques vont être très présentes sur les réseaux sociaux. Ainsi, il est nécessaire que vous vérifiiez les informations à l’aide de plusieurs sources dont il faut vérifier la fiabilité.

Si vous souhaitez former vos collaborateurs grâce à la gamification, n’hésitez pas à contacter notre équipe BlueSecure !